Pensées nocturnes.

C'est comme un voile qui se déchire, un film qui vire au noir et blanc. sauf que nous, les crétins de spectateurs, ben on a rien compris de ce qui allait se produire et on reste abasourdis devant une fin, qu'on attandait pas...
Mais alors pas du tout.
Même si on nous aurait montré l'avenir, de toute façon, je ne pense pas qu'on y aurait cru.

Vous savez, c'est ce genre de situations ou on se dit "merde, j'ai manqué un train ou quoi là ?
C'est quoi ce bordel où je pige rien à ce qui vient d'arriver ?!
Ou se trouve le monde dans lequel je me levais tous les matins ??
Qu'est-ce qui s'est passé ? What happened in this fucking place ?

Et alors que ce qu'on apréhendait se passe sous nos yeux, on se demande ce qu'on a bien pu faire au barbu tout là-haut pour qu'il nous donne une baffe mentale aussi gigantesque que le Mont Everest ...

J'exagère un peu. Sûrement même. Mais c'est ce qu'on fait tous dans ces cas là, non ?
Nous, pauvres petits humains qui suivons notre "destinée" sans même vraiment savoir ou on va et pourquoi ?
On exagère et on se ment parce qu'après tout, ça parait tellement irréaliste qu'on y croit pas.
Pourquoi ? Et ben oui, encore ce putain de mot.
Pourquoi une jeune fille à l'aube de sa vie a été brutalement enlevée à sa "destinée" ?
Parce que non, mourir à 17 ans ne PEUT PAS être un destin.
Quel dieu est assez fourbe pour laisser faire ça ? Pour PREVOIR ça ?
. . . .
Non, ça peut pas être ça. J'ai dû rêver.
Faire un putain de cauchemard !...
Espérons.



C'est fini... Elle est partie. Mon Bouddha... Comment ceci a-t-il pu nous passer entre les doigts ?
Et Lily... Pauvre Lily.
Que va-t-il advenir d'elle ? Que sommes-nous censés faire ?
Qu'étions-nous censés faire ??
Pour modifier sa maudite fin...
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# Posté le jeudi 09 octobre 2008 17:22

Modifié le jeudi 27 novembre 2008 13:05

Chapitre 10 : (5) Le voile est déchiré.

Chapitre 10 : (5) Le voile est déchiré.
... : Katarina ?

Katarina : Hum ?

... : C'est à vous, mademoiselle.

Ce grand et élégant monsieur souria à la jeune fille colérique en montrant la salle de sa main. Il lui laissa le passage et referma la porte soigneusement derrière lui, comme pour être sûr de ne pas laisser échapper les mots.
Katarina s'assit... enfin, se laissa tomber sur le fauteuil plutôt, puis joua nerveusement avec les manches de son pull en attendant que l'homme s'assit à son tour, en face d'elle.


Katarina : Bon alors j'vous l'dis tout d'suite, c'est ma mère qui m'a obligé à venir ici. Moi, j'ai jamais été pour les psy, vous servez à rien à part nous pomper tout notre pognon. Moi, si je veux parler, je vais voir ma meilleure amie et j'balance ce que j'ai dans le ventre, point barre. Pas besoin de claquer 100 balles pour entendre des conneries venant d'un incconu qui doit me bercer le cerveau pour que j'aie envie de revenir. Mais bon, il s'agit ici de pomper l'argent de ma génétrice, alors... C'est un peu le lot de consolation pour moi de savoir ça.

Psy : Bien, bien.

Katarina : Quoi "bien" ? Vous trouvez ça bien vous, tout ce que j'vous crache à la gueule ? Et arrêtez d'écrire à chaque fois qu'je cause, ça m'gave et pis c'est pas poli. Et c'est tout ce que vous trouvez à répondre à ça ? Bien et deux fois, pour faire genre de placer plus d'une syllabe !

Psy : Non, ce n'était pas tout ce que j'avais à dire, répondit-il calmement, mais vous ne m'avez pas vraiment laissé le temps de dire autre chose, mademoiselle.

Katarina : Pff ouais genre. Ben allez-y alors, videz votre sac.

Psy : Vider mon sac ? Dit-il en souriant Ah non, je n'en ferai pas autant. Ca, c'est à vous de le faire ici, c'est pour cela que votre "génétrice" me paie, non ?
Bien... Alors tout d'abord, je veux vous signaler que je ne force personne à venir me parler ou même à revenir. Donc, si cette séance vous gène à quelconque moment, je vous laisse libre de partir à tout moment.
Ensuite, coupez-moi si je me trompe mais si vous êtes ici, c'est bel et bien pour parler de votre meilleure amie, non ? Alors je pense qu'il serait plus approprié de parler de celle-ci à quelqu'un d'autre plutôt que de parler d'elle à elle-même. Dites-moi si mon raisonnement n'est pas logique, selon vous...
Aussi, pour à peine 2 minutes et 30 secondes, je vous trouve tout de même assez bavarde pour quelqu'un qui n'a absolument rien à me dire, mais là aussi, je peux me tromper bien sûr.
Enfin, pour avoir du "plaisir" à faire chuter le compte en banque de votre mère, c'est qu'il doit y avoir un léger problème de ce côté là aussi. Alors, essayez d'imaginer que peut-être, vous n'êtes pas venue pour rien.

....
Mais il vient d'me casser, le bcbg !
Et du tout au tout en plus en une minute chrono !
C'est un robot ou quoi ??
En tout cas, il m'énerve déjà ... v_v

Katarina : Vous avez tout pris en note depuis tout à l'heure ou vous récitez tout par coeur ?

Psy : Cela a-t-il vraiment une importance ?

Nan mais il va arrêter de me faire du rentre-dedans le papy !!

Le psychologue tourna alors la tête et observa son bureau qui, bruyamment, se déplaçait vers la fenêtre.

Psy : C'est donc cela votre ... "capacité" dont votre mère m'a parlé.

Katarina : Et ben voilà, si vous savez déjà tout sur moi, j'ai plus besoin de rester ici.

Psy : Déjà, vous voudriez partir ? Mais de quoi avez-vous peur ? Pas de moi, quand même ?
De dévoiler ce que vous ressentez, peut-être ? Pourtant, je ne suis qu'un inconnu qui doit vous bercer le cerveau de conneries pour que vous ayez envie de revenir... Est-ce bien cela ?

Katarina : HaHa, je savais que vous preniez des notes !

Psy : J'ai toujours eu une très bonne mémoire, ce n'est pas pareil.

Katarina : prenant un air bourgeois Oui mais nous ne sommes pâs là pour parler de vous, très cher.

Psy : Et bien parlez-moi de vous alors.

Ah merde le con, il m'a eu !

Katarina : prenant un air à la Laura Ingalls J'ai grandi dans une grande maison avec deux parents, 3 frères, 4 soeurs, 2 chiens, un chat et même des poissons rouges ! Z'étais très contente alors ! Z'ai eu mon premier n'amoureux à 11 ans. Il s'appelait Tom et avait de beaaauuuuuxxxx yeux noisettes. Ensuite, j'ai eu Bruno et lui, il avait de beaaaaauuuuuxxxxxx yeux verts. Mais je l'ai moins aimé quand il a voulu m'embrasser... avec la LANGUE !!! Non mais vous vous rendez compte ??! C'est grave, docteur ????

Psy : Oui.

Hein ? Qu'est-ce qui m'chante c'ui-là ?
Il m'écoute au moins ??

Psy : Oui, c'est courant. Beaucoup de gens utilisent l'humour, voire l'ironie pour les plus fûtés, pour échapper à ce qui leur fait peur.

Katarina : ... J'retiendrais juste que vous m'trouvez fûtée. v_v

Psy : Fûtée mais lâche.

Katarina : se levant d'un coup QUOI ?!

BAM ! Ca, c'est le bureau qui finit sa chute contre le mur, laissant une marque de la collision sur celui-ci.

Psy : Et bien oui. Assez fûtée pour savoir magner l'ironie mais pas assez courageuse pour affronter la réalité. Stoppez-moi si je me trompe. sourit-il

Katarina : Oui, vous vous trompez. se retourne vers la porte

Psy : Où allez-vous ?

Katarina : Loin de votre bureau ... pour ne pas le détruire complètement.
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# Posté le jeudi 09 octobre 2008 17:58

Modifié le jeudi 27 novembre 2008 13:21

Geh, schon engel .. ..

.
Playlist :
Ici
(à gauche,
en dessous de "1 Playlists"
cliquer sur "Für Tomas")








<< Je me souviens ... Je me souviens "comme si c'était hier", comme les gens disent.
Et pourtant, c'était il y a déjà si lontemps ...
Je me souviens des étés suffoquants comme des hivers glaçant le sang.
De ses tee-shirts serrés comme des pull-overs flashy.
Je me souviens des tagliatelles trop cuites qu'elle seule savait rater à la perfection.
Mon sourire s'étend en y repensant, comme il le fait à chaque fois que je me souviens.
Que je me souviens de tout, de toi, d'elle, de lui. Surtout d'eux.

Je veux m'en souvenir parce qu'après tout, c'est tout ce qu'il me reste. Les souvenirs.
Les pensées, les visages qui apparaissent dans ma tête, leurs expressions. Les paroles de certains, la vue de ce sourire, le son de ce rire, de ses pleurs, son goût...
Tout ce qu'il reste alors sont nos souvenirs, quand le temps a balayé tout le reste.
Je me souviens de ce qui appartient au passé, parce qu'on dit qu'une fois que le corps ne vit plus, les particules de notre mémoire s'envole -ce qu'on appelle "le dernier souffle"- et ces particules se déposent alors sur chacun de vous, sur ceux qui restent là, à regarder le corps froid... >>

Je devais me souvenir pour qu'ils se souviennent à leur tour. Pour que vous vous souveniez encore. De qui je fus.
Je devais me souvenir du plus grand de mes moments comme du plus petit. Tout et rien à la fois.
Il fallait se souvenir des rencontres, des échanges de paroles, des pensées, des peurs ...
Je ne voulais pas oublier cet homme par exemple, qui a tout changé dans ma vie.
Si seulement j'aurai pu imaginer à quel point ... Et à quel point il allait changer la sienne.
Et si, et si, et si ...

Si j'avais pu imaginer à quel point son sourire m'aurait fait craquer pendant toute une année.
Si j'avais pu imaginer à quel point un moment d'inadvertance pouvait basculer une, voire, plusieurs vies.
Une minime fraction de seconde. Comme dans les films.
Comment j'aurai pu deviner que ma jeunesse se serait dérouler comme dans un film ?
Qui aurait pu croire que j'aurais hérité de la "not happy end" ? ...

C'est grâce à elle que j'ai découvert qui j'étais vraiment et c'est à cause de moi qu'elle pleure aujourd'hui. Qu'elle pleurera demain.
C'est elle qui m'a "libéré", qui m'a touché, dans les deux sens du terme, qui m'a aimé comme on ne m'avait jamais aimé auparavant, qui m'a guidé, qui m'a appris, qui me l'a présenté.
Lui, au regard noisette, taquin, au sourire aguicheur mais si tendre.
Comment aurai-je pu résister à cet homme ?
Oui, cet ange était un homme, comme moi. Il était naïf, comme moi. Il n'attendait que l'amour, comme moi. Et a été insouciant en l'espace d'une seconde, comme moi ...

Comment pouvoir réaliser qu'un moment destiné à être agréable, un moment d'égarement où on oublie tout, absolument tout... avec cet homme que vous aimez, que vous voulez chérir, combler, à qui vous faites confiance ... Cet homme qui lui-même a fait confiance à un autre homme avant moi.
Cet autre homme à qui il ne fallait pourtant pas faire confiance.
Cet autre homme à qui il a été transféré une saloperie de cellule microscopique qui pourtant fait des ravages gigantesques.

Ma vie n'a tenu qu'à un fil à partir de ce moment là. Et ce fil resta immobile alors, n'écrivant que ces trois lettes abominables. Ne se courbant que pour suivre la forme de ces foutues lettres dévastatrices.

........V................................I........................................H


Ne suffit-il alors que de trois petites lettres pour détruire toute une existence ?
Apparemment ... Précisément ...

Un simple "faux pas", une minute de plaisir remplacé par une minute d'inconscience totale, une minute de jouissance dégagé par une minute de suicide allant jusqu'à une minute de contamination, même pour les gens qu'on aime. Surtout pour les gens qu'on aime.
Personne, non personne, n'est épargné. Ce n'est pas une histoire de "ça n'arrive qu'aux autres".
On peut être bien pensant, ignorant, ne pas y croire, être superstitieux, mature ou gamin, prudent, méritant ou détestable, gentil, mauvais, un héros ou un malfaisant ...

On ne joue plus là. La foudre est tombée et elle ne tombera pas une deuxième fois parce qu'elle est fatale.
Irréversible. Sans retour. Game Over.. Trop tard. Terminale. Palliatif.
Voilà les mots qui ont rythmé ma vie à compter de cet instant.
Compter, oui, c'est le mot juste. Parce qu'une fois que ce petit bout de papier vous confirme, dans vos mains tremblantes, que vous allez mieux connaître l'hôpital que votre appartement, il vous a lancé votre propre compte à rebours.

Ma fin de vie. C'est pourtant à ce moment précis qu'on a faim de la vie.
Trop tard, encore. Il fallait y penser avant. Ma malheureuse et pitoyable fin de vie. Et ne me dites pas le contraire.
Qui rêverait d'exécuter son dernier souffle dans une chambre blanche, vide, dénudée de chaleur, de choses rassurantes. De souvenirs ...
Qui ?

Enmagasiner ses derniers gestes dans sa mémoire comme étant mettre son foulard sur sa tête, sourire poliment à l'infirmière, se tenir à la barre de sa perfusion pour ne pas tomber, lever la cuvette pour vider son estomac, pour vider sa rancoeur, vider les minutes qu'il me reste, encore et encore à en trouver cet acte presque "routinier".
Qui ?

Soit, on parle assez de ces trois satanés lettres comme ça. Même si les gens n'ont pas pigé l'impact que ce bout de caoutchouc peut avoir dans la vie d'un jeune homme, d'une jeune femme, d'époux, de quinquagénaires ...
Qui que vous soyez, avez-vous vraiment conscience de ce que l'absence de ce putain de bout de caoutchouc peut provoquer ?
Oh je ne vous blâme pas, j'ai été le même couillon à me dire "Hof, pas la peine, c'est mieux sans !"
C'est moi que je blâme aujourd'hui.
Parce que qui aurait cru ?...





Je m'appelle Tomas, j'ai eu 20 ans et je suis mort.





Juste pour me souvenir
(8) encore quelques fois de toi (8)
Geh, schon engel .. ..

# Posté le mardi 10 février 2009 22:12

Modifié le samedi 14 février 2009 16:31